

Il y a des rencontres qui ne doivent rien au hasard. Quand Stefan Kotsev a contacté Léo Balzac pour évoquer une éventuelle collaboration, c'est après une démarche réfléchie, documentée, attentive à la façon dont nous travaillons et à ce que nous pouvons offrir à un artiste. Cette confiance nous honore d'autant plus qu'elle marque une étape importante dans son parcours : cet été, à Reims, Stefan Kotsev exposera pour la toute première fois sur le sol français.
Un parcours forgé dans l'exigence
Né le 8 septembre 1990 à Sofia, Stefan Kotsev grandit dans un environnement où l'art n'est pas un ornement mais une nécessité. Son parcours de formation témoigne d'une ambition précoce et d'une rigueur constante. Il entre d'abord à l'École des Beaux-Arts Prof. Nikolay Raynov, l'une des institutions de référence en Bulgarie, où il se spécialise en peinture. Mais c'est vers la sculpture que son regard et ses mains se tournent naturellement. Il intègre l'Académie Nationale des Arts de Sofia, où il obtient sa licence dans l'atelier du Professeur Angel Stanev entre 2010 et 2014, avant d'y compléter son master entre 2015 et 2016 dans ce même atelier d'exception.
Cette double culture, picturale et sculpturale, irrigue profondément son œuvre. Elle explique cette façon qu'il a de penser le volume comme une surface émotionnelle, et la matière comme un langage.
En 2018, il est admis au sein de l'Union des Artistes Bulgares, reconnaissance institutionnelle qui confirme la place qu'il occupe désormais dans le paysage artistique de son pays.
Un langage plastique à part entière
Ce qui frappe d'emblée dans l'œuvre de Stefan Kotsev, c'est le silence. Dans un monde de l'art contemporain souvent dominé par l'image agressive, le spectacle et la surenchère formelle, ses sculptures choisissent délibérément une autre voie. Elles ne réclament pas l'attention, elles l'attirent, lentement, par la densité de leur présence.
Ses figures sont humaines, mais pas tout à fait. Le corps y est allongé, distendu, comme soumis à une gravité intérieure. Les détails sont effacés, généralisés. Les visages ne portent pas d'identité, ils portent un état. Ce ne sont pas des portraits, ce sont des résonances. Vulnérabilité, douleur, solitude, peur, impuissance : autant d'expériences universelles que Kotsev cristallise dans la matière sans jamais les nommer explicitement.
Son langage plastique est délibérément brut. Il travaille le plâtre directement, modelé à la main, avant de couler certaines pièces en bronze, un matériau qui ajoute à ses figures une permanence, une dignité, comme si ces états fragiles méritaient d'être préservés pour toujours. La surface garde les traces du geste, de l'hésitation, du travail. Rien n'est lissé. Tout est vrai.
Ses sculptures habitent la frontière entre le réel et le symbolique. Elles ressemblent à des ombres de rêve, aux vestiges de quelque chose qui était autrefois entier. Cette fragmentation n'est pas un manque, c'est le cœur même de son propos. C'est précisément dans cet inachèvement apparent que réside la tension, la profondeur, et l'impact de son œuvre.
Comme l'écrit la curatrice PhD Boryana Valchanova à l'occasion de son exposition solo Echoes à l'Intro Gallery en 2025 :
"L'art de Stefan Kotsev ne raconte pas, il se souvient. Ne décrit pas, il ressent."
Une formule qui dit tout.
Une reconnaissance qui dépasse les frontières
Stefan Kotsev a exposé dans de nombreux contextes en Bulgarie et en Europe. En 2021, ses sculptures figuraient dans l'exposition collective Roots : 16 Contemporary Sculptors présentée à la Galerie Nationale de Sofia, Arsenal Museum of Contemporary Art, l'une des institutions les plus prestigieuses du pays. Son œuvre circule désormais sur le marché international, notamment en Espagne où elle a suscité l'intérêt de collectionneurs et de professionnels du secteur.
Pourtant, malgré cette reconnaissance croissante, la France restait une page blanche dans son parcours. Un paradoxe pour un artiste dont l'œuvre dialogue naturellement avec une certaine tradition de la sculpture européenne, celle qui, de Giacometti à Germaine Richier, a toujours su faire du corps humain le territoire de l'âme.
Reims, juillet 2026 : une première historique
C'est donc à Reims, et c'est donc avec Léo Balzac, que Stefan Kotsev fera son entrée sur le marché français. Un choix délibéré de sa part, celui d'un artiste qui s'informe, qui observe, qui choisit ses partenaires avec soin. Nous avons travaillé ensemble à une sélection d'œuvres, peintures et sculptures, pensée pour cette occasion et pour ce public.
Ces œuvres seront présentées du 7 juillet au 2 août 2026 à la 3W Gallery à Reims, dans le cadre de l'exposition collective Escales 2, qui réunit des artistes basés à Aurillac, Buenos Aires, Madrid, Paris, Reims et Sofia. Une exposition dont le titre prend, avec Stefan Kotsev, une résonance toute particulière. Une escale, oui, mais aussi, peut-être, le début d'un long voyage français.